Affichage des articles dont le libellé est Unités techniques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Unités techniques. Afficher tous les articles

vendredi 1 mars 2024

NON-ISOLATION

    Rien n’est isolé. Le secteur industriel de la construction le sait en dépit de ses techniques diversement nommées. 

    La cellule de l’atelier du 13B était «isolée». 

    Les problèmes sont apparus lorsque dans l’alvéole voisine du dentiste on détecta un taux d’humidité qui devint vite insupportable. On incrimina la toiture. Des experts vinrent et l’on inspecta tous les toits. Pour lever la perplexité, on mit la couverture de single en pression. Des cloques se formèrent. On dut reconnaître que les fuites ne venaient pas de là. Finalement, on découvrit que le chauffage urbain était en cause par des fuites dans la tuyauterie souterraine. Le dentiste était content, moi, un peu moins: il fallut faire appel au couvreur pour réparer la toiture abîmée par l’expertise à tout crin.




    Gilbert Simondon a constamment mené une réflexion sur la technique, «Du mode d’existence des objets techniques», et en parallèle il a ressassé la question de «l’individuation psychique et collective». 

    Le chauffage urbain qu’on bénéficie ou non de ses services intéresse tous les habitants. L’évidence nous dicterait de ne pas s’y attarder si ce n’était que la quantification des choses et leur séparation n’efface pas la question de savoir comment on isole abstraitement et conjoncturellement les unités supposées. La photo nous montre des plans et des planches en appui sur une cloison qui mène jusqu’au toit. Lorsque je fis appel à l’entreprise de couverture, les couvreurs ne s’embarrassèrent pas avec la longueur des clous destinés à assembler la bâche de couverture aux panneaux de bois aggloméré. Il travaillaient sur le toit sans souci de savoir quelle serait la conséquence de leur travail sous le toit. À moins qu'ils n'espéraient secrètement obtenir un chantier supplémentaire d'isolation en sous-toiture... Le résultat, je m’en rendis compte tardivement mais il n’était que trop présent: les clous avaient traversé les panneaux et fait éclater l’aggloméré en de nombreux endroits de sorte que des trous apparaissaient ça et là avec des écailles correspondantes au sol.

jeudi 25 avril 2019

Peinture à sec


Collage et application, tirage et report


L'emploi de la machine adhésion-report doit faire place à une complexité plus grande : l'application s'y intègre qui utilise un plan et donc du planage par tension de la toile sur châssis (et du calage, si l'on tient compte de la planchette glissée sous la toile pour obtenir un support rigide).
Mais la machine révèle déjà sa complexité dès lors que le ruban adhésif, au lieu de coller au ruban de peinture sèche, part en vrille et vient se coller à lui-même, ce qui du même coup annule, ou du moins compromet, le report. Le report apparaît alors par défaut en tant que partiel de machine.
Pour revenir à la réalité complexe de la machine, dans cette affaire, l'application en fait partie intégrante. Toutefois, inefficacité de l'outil contrariant, l'application, bien que dispositif, n'assure pas la mise à plat : il faut tendre le ruban adhésif pour éviter qu'il se love et se contre-colle en lui-même. La manipulation doit se départir du collage dont les effets sur les doigts immanquablement opèrent (cf. le sparadrap du capitaine Haddock).
Quant au report qui suppose la mise en présence de deux faces, l'une porteuse de colle et l'autre de peinture sèche, il fonctionne par concomitance avec le tirage du ruban de cellophane.
En somme, la machine mise en action est complexe : collage-application, première étape, puis à nouveau collage-application dont la réalité conditionne le tirage report qui suit.
La proximité des 8 formats de la toile carrée comportant 4 fermetures éclairs, se justifie par le partage d'un même dispositif par deux machines différentes : intégré à de l'engrenage, le type est ici le tirage qui s'intégrait là au report.





Si l'on s'intéresse à l'enchaînement des appareillages, comme la tension par fixation de la toile anticipant le tirage-engrenage de la fermeture éclair, on réalise qu'ici le simple accrochage de la toile ne suffit pas, et qu'il faut encore un nécessaire supplémentaire, à savoir la manutention qui permet de retenir le format d'un côté tandis que l'autre main tire sur la languette de la fermeture. Autrement dit on voit que la fixation demande un appareillage supplémentaire : la main parfait ce que la technique a outillé. La fixation est ce qui manifeste la syndèse : incorporée à la toile, à l'accroche ensuite, puis matérialisée par la main, elle est la syntaxe ou le fil conducteur de l'enchaînement.

25-04-19

lundi 17 avril 2017

Matière, énergie, lumière par quantités techniques


Comment dispose-t-on de la matière, de l'énergie et de la lumière?


On pourrait croire que ce sont les actions qui déterminent les quantités et les qualités nécessaires: s'il y a un trou à combler dans le jardin, la quantité nécessaire de terre est fonction de la grandeur du creux. Le terrassier est cependant vite confronté aux moyens de transport, d'abord pour extraire le volume suffisant du tas où la terre lui est offerte en quantité dépassant largement ses besoins, puis pour déplacer la quantité jusqu'à l'endroit du chantier. La mesure du vide à combler dépend d'une métrologie pas toujours mise à disposition. D'une façon générale, on fait avec le trop ou le pas assez, et les limitations qualitative et quantitatives nous mettent dans l'embarras.
Quantitativement, quoi qu'on entreprenne, se pose aussitôt la question de gérer l'adéquation entre l'unité techniquement disponible et la quantité à produire par la mise en action de cette unité. Il est ainsi évident que le récipient destiné à contenir le contenu d'un autre récipient verseur apparaît soit trop petit, soit suffisamment grand ou trop grand. Ce débit de la quantité n'est pas sans déterminer les visées des constructeurs que nous sommes. Le bois se débite en planches, en rondins ou en bastings, etc. et nous mettons précisément ces quantités en rapport avec les espaces de transport, dont nous disposons précisément (camions), de passage (portes, routes d'accès), de taille (couteaux, scies, tronçonneuses, etc.) chaque fois des restrictions se présentent mais aussi des possibilités nouvelles. La covariance1 apporte des solutions imprévues aux problèmes à gérer.
Si l'on envisage le rapport mécanique à l'énergie, celle-ci se débite pareillement en quantités préfabriquées. Dans le tir à l'arc, l'énergie est répartie entre un bras de rétention dont le constructeur attend qu'il réalise la fixité et la résistance et un bras d'extension faisant appel à une force minimale. Dès que cette force s'exerce et que cesse la retenue, un jet de flèche a lieu, qu'il soit ou non suffisant. Deux mouvements de traction et de rétention: l'unité technique de moyen ignore la répartition de ces mouvements qu'elle contracte en un.

Quant à la lumière, on serait encore plus tenté de la croire disponible en quantités indéterminées. Nous savons pourtant que nous la traitons par quantités limitées de temps (sur la plage et dans la cabine aux UV) et d'espace (lunettes de soleil, baies, parasols) et ce faisant nous lui attribuons un pouvoir de nocivité, sans parler du laser qui intensifie les émissions par doses mesurées donc augmentées ou diminuées par paliers.

1
Covariance : par analogie avec la concaténation des phonèmes, désigne la complémentarité disponible entre les engins.