En sandwich encore comme chacun en son lit, entre le matelas et les draps.
Me référant à un tronçon de branche à l'écorce marquée de craquelures par la sécheresse, la permanence de l'action naturelle s'impose comme une évidence.
Mais qu'entend-on par action dans ces termes ordinaires ? Des mouvements de tous ordres, du climatique au géologique en passant par ceux du soleil, du feu et de l'eau. Comparé à ces effets, l'action humaine a ceci de spécifique : elle est outillée. On peut opposer les deux actions, mais avant et pour appréhender les performances de l'activité, remettre en cause la séparation du sujet humain de son environnement revient à considérer que le schéma environnemental tel que l'a posé Jean Gagnepain en lieu et place du corps humain, ne peut s'appliquer à l'activité et ses manipulations. Si la technique ne connait pas le statut des moyens et des fins qu'elle emploie, elle est de surcroît indifférente au fait qu'ils peuvent être extérieurs ou intérieurs au sujet. L'activité se constitue par trajets, autrement dit par une organisation des mouvements, leur donnant forme, orientation et fragmentation par changements incessants. Pour échapper à cette inconstance, éviter l'effort propre aux attentions singulièrement requises, la technique offre une capacité de fabrication offrant ainsi du disponible au lieu et place des actions ayant chacune son moyen et sa fin aussi éphémères que l'action elle-même. Malgré cela nous restons tributaires de cette variabilité : s'il n'est d'action qu'outillée, il n'est d'outil que ceux que l'action fait exister ; la détermination opère dans les deux sens.
S'agissant des performances, le constructeur ne peut se départir des actions que le sujet analyse en tant que fait externe : l'action climatique met en cause comme on le dit de l'anthropocène, mais elle implique en même temps un tropos spécifique à l'homo faber.
Les choses telles qu'elles font ne cessent pas d'être humaines d'où que provienne le phénomène, qu'il soit dit naturel ou non.
Me voici maintenant à considérer ce morceau de bois qu'un certain Gepetto voyait bouger...
On parle de cryoclastie pour désigner l'éclatement des roches sous l'effet du gel ; mais la même fragmentation intervient aussi par sécheresse. Me référant à un tronçon de branche à l'écorce marquée, je pourrais aussi bien invoquer la terre des champs cultivés, la boue après le retrait des étendues d'eau. Les craquelures progressent et les envahissements des matières plastiques vont rejoindre, morcellement après morcellement jusqu'à l'état moléculaire, les substrats terrestres, maritimes et aériens.
C'est dans ce contexte qu'émerge ma proposition qui renvoie l'humain, homo faber, à ses efficacités secondaires, qu'on nomme par ailleurs en termes journalistiques, « dommages collatéraux » ou médicaux, « effets secondaires ».
L'activité technique produit toujours plus ou moins que le résultat attendu. En l'occurrence il nous faut, en surplus, digérer les déchets plastiques. Le sandwich aux babioles largement faites de plastique propose au regardeur une digestion difficile : non seulement ce que notre métabolisme n'accepte pas, la cellulose du bois, mais encore les constituants des matières plastiques.
La digestion préconisées consiste à soustraire les matières aux recyclages illusoires et magiques que nos poubelles accueillent : décyclons-les ! (le néologisme n'est pas de moi) le bénéfice étant qu'elles servent ici en stockage (en attendant de trouver le moyen de les éliminer vraiment) à l'analyse de « ce qui se fait quand on fait1 » autrement dit, l'ergologie.
1L'expression est de Jacques Laisis







.png)