samedi 4 juillet 2026

Analyse logique et ergologique


Lorsque la logique implacable défie le sens commun

D'abord on passe à côté du panneau et on n'y prête pas attention : juste un règlement applicable aux conducteurs auto qui passent dans le quartier. On pense alors que certains emplacements sont à leur disposition pour stationner. Puis, on repasse à pied près du même panneau. On a le temps de gamberger. C'est alors qu'on s'embrouille : l'analyse logique prend le dessus.

Car il est dit : « interdit de stationner, sauf aux emplacement prévus à cet effet », et ce n'est plus très clair si l'on rapporte le terme « cet effet » à « interdit de stationner » et non plus à un stationnement supposé par réalisme mais qui n'est pas dans la phrase. « Cet effet » n'est pas grammaticalement le stationnement.

Tout le monde s'en fou et il n'y a que mon grain de folie qui m'incite à penser bizarrement.

Essayons maintenant de transposer cette analyse au plan de l'activité. Ce n'est plus un effet de sens qui est remis en cause mais l'effet d'une action. Le moyen n'est plus raccordé à la fin convenue mais à une fin qui contrecarre le moyen en question. Par exemple une route est là où je peux m'engager d'autant qu'un panneau indique qu'une déviation est établie et qu'une barrière obstrue l'avancée sur la voie où je circule en auto. Pourtant, un détail m'intrigue : le panneau de déviation est pointé vers une fourche où deux voies se présentent et non franchement vers la droite. Quel est le chemin à prendre ?

Suis-je un conducteur schizophrène si je m'attarde à ces considérations ? Mais au juste, quelle est cette interprétation fallacieuse qui me fait hésiter ? À vrai dire, le panneau déviation n'est pas situé sur le bord de la rue à emprunter. Il indique la double possibilité qui m'est offerte pour continuer ma route et il ne m'invite pas à prendre la voie franchement à droite.

Le cas rejoint ce qui arrive plus généralement, lorsque la technique à laquelle on fait habituellement confiance nous conduit à hésiter entre les options qu'elle offre. Et l'on se convainc alors : « c'est possible ». C'est que la technique ne décide pas pour nous et l'escalier qui aboutit au palier ne nous conduit pas jusqu'à la porte que l'on a à ouvrir ; il faut encore marcher dans une direction vers le destinataire qui se trouve derrière cette porte.

Conclusion : la reconnaissance des lieux est une véritable affaire que l'intelligence artificielle résout difficilement. Il ne lui est fournie en tant que donnée que le nom du destinataire et le couloir est long, on doit avancer dans l'obscurité pour voir l'inscription de l'habitant recherché. Tous ces détails ont été négligés comme les néglige le pékin qui s'en va, pedibus cum jambis, avec ses jambes et c'est tout.

L'IA nous amène comme d'ailleurs face au stagiaire en entreprise qui doit apprendre du contremaître, à une décomposition des opérations qui reste ordinairement implicite dans les gestes à faire pour la production.

D'où le « deep learning » où le robot apprend de ses échecs et revient sur ce qu'il a fait, augmentant l'expérience qu'il a acquise d'une parade ou donnée nouvelle, par exemple, un renseignement complémentaire d'un spécialiste. Dès lors, le constructeur lambda réalise combien la technique est compliquée lorsque la conjoncture se présente avec sa singularité inéluctable.




03-07-26

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